Faut-il migrer vers GmVet 2 en 2026 ? Questions à se poser avant de décider ?

GmVet 2 n’est pas un simple changement de version. Le passage d’un environnement local ou d’un autre PMS vers cette plateforme cloud implique une révision complète du périmètre fonctionnel, du modèle de coût et de la chaîne de données.

Avant de signer, nous recommandons de poser des questions précises sur trois axes rarement traités dans les comparatifs grand public : la réversibilité des données, le coût réel une fois la grille recomposée, et la compatibilité réglementaire avec votre flux de facturation.

Lire également : Télémédecine : limitations, avantages et usages en santé digitale

Export et réversibilité des données avant migration vers GmVet 2

La question de la réversibilité est largement absente des pages commerciales GmVet. C’est le premier point à verrouiller contractuellement. Si vous quittez le logiciel dans deux ans, dans quel format récupérez-vous vos dossiers patients, historiques, ordonnances, pièces jointes et soldes clients ?

Nous observons que la plupart des structures négligent ce point au moment de la signature. Demandez un engagement écrit sur les formats d’export disponibles en sortie de contrat. Un export PDF seul ne permet aucune reprise structurée par un autre PMS. Exigez un format tabulaire exploitable (CSV, XML ou équivalent) pour chaque module : fichier client, fichier patient, stocks, facturation.

Lire également : Quel Simulateur calcul indemnité accident de travail choisir en 2026 pour une estimation fiable ?

Le test à blanc avant bascule est une étape non négociable. Les guides de migration récents préconisent un protocole incluant un dictionnaire de reprise, un rapport d’écarts sur les données importées, et un scénario de retour arrière documenté. Si votre prestataire ne propose pas ce cadre, c’est un signal d’alerte.

Responsable de clinique vétérinaire évaluant une migration logicielle devant un écran de bureau

Grille tarifaire GmVet 2026 : recomposer le coût réel par structure

La base affichée de 64 euros HT par mois pour un vétérinaire, une ASV et un site ne reflète pas le budget mensuel réel. Chaque ligne supplémentaire a son propre tarif : 25 euros par site additionnel, 28 euros par vétérinaire supplémentaire, 39 euros par site pour le service assistance.

Les options mensuelles s’ajoutent : API Consultation Data à 15 euros par site, Programme de Santé Vétérinaire à 12 euros par site. Les modules Rural, BLIs et Margeo sont offerts dans la grille 2026. Les SMS facturés à l’envoi démarrent à 0,08 euro l’unité (jusqu’à 100 000), puis dégressifs.

Simuler le budget pour une clinique multi-sites

Pour une structure avec deux DPE, trois vétérinaires et deux ASV, le calcul dépasse rapidement le double de la base affichée. Ajoutez la reprise de données, qui est payante selon les retours éditoriaux. Ce poste doit figurer dans votre comparatif, pas seulement l’abonnement mensuel.

  • Listez chaque DPE, chaque utilisateur vétérinaire et chaque ASV pour recomposer la grille ligne par ligne
  • Intégrez le coût de la reprise de données comme un investissement initial, pas comme un détail annexe
  • Demandez un devis incluant l’assistance par site, souvent oubliée dans les premières estimations
  • Comparez le total annuel, pas le prix de base, avec les alternatives comme Vétocom (à partir de 52 euros HT/mois) ou dr.veto

Conformité réglementaire et certification : CalypsoVet, NF203, NF525

GmVet figure dans la liste officielle Calypso et affiche les certifications NF203 et NF525. Demandez les certificats en vigueur pour chaque module que vous utilisez, pas une certification globale. Un logiciel peut être certifié sur son module de facturation sans que le module de pharmacie ou de stocks bénéficie du même périmètre.

La conformité fiscale NF525 concerne directement votre chaîne de facturation. Si vous émettez des factures depuis GmVet 2, vérifiez que le module de facturation utilisé est bien couvert par le certificat en cours de validité. Une certification expirée ou limitée à un périmètre restreint expose la structure lors d’un contrôle.

Responsabilité vétérinaire et périmètre logiciel

Le logiciel assiste la structure, mais le vétérinaire reste responsable de l’acte, de la prescription et des validations. GmVet 2 ne se substitue pas à votre vigilance sur les données de consultation ou les ordonnances générées. Vérifiez que les workflows de validation ne contournent pas les étapes réglementaires propres à votre pratique.

Deux professionnels vétérinaires comparant des solutions logicielles sur une tablette en salle de consultation

Protocole de test avant bascule définitive vers GmVet 2

Migrer sans période de préproduction est une erreur fréquente. Nous recommandons un protocole en trois temps qui sécurise la transition sans interrompre l’activité clinique.

Première étape : la reprise d’un échantillon représentatif. Sélectionnez une centaine de dossiers patients couvrant vos cas types (canin, rural, NAC selon votre pratique). Importez-les dans l’environnement de test GmVet 2 et vérifiez la fidélité des données : antécédents, pièces jointes, soldes de facturation, historiques de prescription.

Deuxième étape : le rapport d’écarts. Documentez chaque divergence entre les données source et les données importées. Un champ manquant sur un dossier de test, c’est un champ manquant sur des milliers de dossiers en production.

  • Testez la saisie d’une consultation complète avec facturation et ordonnance sur le même dossier
  • Vérifiez le comportement du module stocks si vous gérez une pharmacie interne
  • Simulez un export complet depuis l’environnement de test pour valider la réversibilité
  • Documentez le temps de réponse en conditions réelles, notamment en multi-sites avec connexion partagée

Troisième étape : le scénario de retour arrière. Avant la bascule définitive, confirmez que votre ancien logiciel reste accessible en lecture pendant une période de transition suffisante. Un retour arrière impossible transforme une migration en piège.

Cloud et multi-sites : ce que GmVet 2 change pour les structures distribuées

L’architecture cloud de GmVet 2 supprime la contrainte du serveur local. Pour les structures multi-sites, cela signifie un dossier patient unique accessible depuis chaque DPE, à condition que la bande passante soit suffisante. En zone rurale, la latence réseau peut dégrader l’expérience au point de ralentir la consultation.

Le paramétrage multi-sites implique aussi une gestion fine des droits utilisateurs. Chaque site correspond à un DPE dans le paramétrage GmVet, avec des implications sur la facturation (un abonnement assistance par site) et sur la traçabilité des actes. Vérifiez que le cloisonnement des données entre DPE correspond à vos obligations ordinales.

La migration vers GmVet 2 peut se justifier pour une structure qui a besoin d’un PMS cloud intégré à l’écosystème Centravet. Elle ne se justifie pas si le choix repose uniquement sur le prix de base affiché. Le coût total recomposé, la réversibilité contractuelle et un test de préproduction rigoureux sont les trois verrous à poser avant toute signature.

L'actu en direct